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L’ Histoire de Ribemont

Origine

L’origine de Ribemont est très difficile à apprécier. D’après un ancien manuscrit, Ribemont aurait eu pour fondateur RIBODIUS, ancien capitaine romain.

Le plus ancien document connu, indique que Ribemont était le centre au VIIe siècle de la région des Ribuaires. Mais la fondation de Ribemont doit remonter bien au-delà des francs Ribuaires et Romains. Sa position sur un plateau d’où l’on domine toute la contrée, l’escarpement de la vallée en cet endroit, ont dû faire rechercher la possession de ce lieu, bien avant les Romains et les Ribuaires, par les peuples puissants dénommés Nerviens, Remois et Véromanduens. Selon un essai historique sur la ville de Ribemont et son canton de C. Gomart, une tribu de Véromanduens habitait le pays occupé aujourd’hui par le canton de Ribemont et devait former un oppidum gaulois, lieu de sûreté et de défense contre les invasions des peuples voisins.

En 1784, fut découverte une sépulture où se trouvaient, outre des amas d’ossements humains, des haches polies en silex, des couteaux et d’autres objets en silex, des objets d’ornement. Cette sépulture prouve qu’une tribu existait à cet endroit à un époque intermédiaire entre l’âge de la pierre polie et l’âge du fer, soit 1000 à 1500 ans avant le commencement de notre ère.

La découverte des foyers en 1892, prouve que des gaulois séjournèrent également à Ribemont. Ces foyers en forme d’entonnoir mesuraient près d’un mètre de profondeur, sur deux mètres cinquante de diamètre. Près de ces foyers furent découverts des instruments en silex. Ces foyers contenaient des poteries, des objets et clous en fer, des ossements d’animaux. Les poteries étaient exclusivement gauloises et les ossement provenaient en partie de gros animaux : bœuf, mouton, porc.

En 1880, lors d’importantes constructions, un champ de sépultures franques, de plusieurs centaines de tombes, fut découvert. Une épée, une francisque, des framées, un briquet, des couteaux de fer, des ornements divers, des vases agrémentés de dessins, une fiole de verre incolore ont été recueillis dans les tombes.

Ribemont possédait également un cimetière mérovingien. De nombreuses inhumations, ainsi que du mobilier funéraire du VIIe et VIIIe siècle y ont été trouvés.

La Belle Epoque

L’ Ecole maternelle donnée à la ville le 16 novembre 1866, par Monsieur Lesur père, "pour que les enfants pauvres des deux sexes puissent recevoir les premières notions de l’éducation et de l’instruction et être préparés de bonne heure aux goûts de moralité, d’ordre et d’économie". "L’ Asile" quel joli nom ! on n’a rien trouvé de mieux, pour désigner cette oasis des tout-petits. Il était niché au creux de l’impasse des vieux-marchés, mais on y pénétrait aussi par la rue des Fossés. L’asile était tenu par deux religieuses de la congrégation des sœurs de la Providence de Laon, en habit noir "ma mère Saint Bruno" ( Marie-Alexandrine Opportune Letoffé) à la face congestionnée, au nez en bec d’aigle, que je craignais comme le diable, et "ma mère Saint julien" à la douceur angélique, belle comme une madone sous sa cornette immaculée. Madame Mourin faisait le ménage, torchait les moins propres, mouchait les nez, séchait les pleurs, et recouvrait d’une serviette jaune la tête des bavards, des désobéissants.

La grande école se trouvait à peu près sur l’emplacement actuel des écoles de filles et de garçons ; On y accédait de la rue Condorcet, après avoir repris son souffle et ôté poliment sa coiffure, par un passage voûté attenant à la bibliothèque, sous l’étage réservé aux logements des adjoints. Monsieur Padieu né à Cuffies le 2 mai 1861, installé instituteur public le 1er octobre 1884, en remplacement de M. Danglehem, fut nommé le 15 janvier 1888, directeur du cours complémentaire.

Le Château

Les successeurs de Charlemagne étaient incapables de se défendre contre les invasions normandes. Les gens se placèrent sous la protection d’un homme riche et puissant qui devint leur protecteur ou seigneur. Il se créa ainsi de petites seigneuries, une autour de chaque château-fort.

D’après le testament de Wistache, de Janvier 1332, la seigneurie de Ribemont était fort étendue. Origny, Regny, Thenelles, Courjumelles, Lucy, Sissy , Chatillon, Mézières, Séry, Pleine-Selve, Parpeville, Villers le Sec, Chevresis-Monceau et la Ferté Chevresis étaient situés dans la zone de possession ou d’influence.

Le château de Ribemont était jadis dans le territoire du diocèse de Laon et dépendait du duc de Laonnois. Mais il fut conquis et annexé par les comtes du Vermandois au IXe siècle.

Ribemont devint alors la borne de séparation entre le Laonnois et le Vermandois.

Le château de Ribemont existait déjà au VIIe siècle car Saint Rogogert y est né. Il était très fortifié au IXe siècle. Il sut arrêter Louis de Germanie. Le château de Ribemont paraît avoir été construit plutôt à la suite de la 1ère croisade, qu’auparavant. Le caractère général de son architecture révélait la grande époque féodale, c’est-à-dire le XIIe siècle.

Le château a persisté jusqu’en juillet 1657, date à laquelle il fut assiégé et pris par l’armée des Pays-Bas commandée par le Prince de Condé.

Celui-ci donna l’ordre de démolir les murailles. Petit à petit le château fut détruit et en 1817, on renversa dans les fossés les ruines de la Tour Blanche.

Il ne restait plus rien de l’ancien château-fort des comtes de Ribemont.

La Commune

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Au XIIe siècle, Ribemont obtint une charte communale lui accordant une certaine autonomie. La commune était alors administrée par un maire (ou "mayeur") assisté d’un certain nombre d’échevins. Ceux-ci étaient soumis à l’élection des habitants chaque année.

La commune avait alors sa propre milice pour la défendre qui s’illustra en particulier à la bataille de Bouvines en Juillet 1214.

De tout temps, les mayeurs de Ribemont ont su défendre avec courage et dignité les intérêts de la commune. Ils ont su s’opposer aux seigneurs comme aux abbés de Saint Nicolas, puissants et avides, quand il s’agissait de revendiquer des droits chérement acquis. Ils ont résisté aux envahisseurs anglais, espagnols et germains, organisé la résistance et en le payant parfois de leur vie.

Rues, hameaux et lieux-dits

En hommage à la mémoire de ses enfants les plus illustres, la ville de Ribemont a donné à ses rues et places principales les noms de Condorcet, de Blondel ( elle a remplacé la Grand’Rue de Suzemont (délibération du conseil municipal du 23/09/1880) on y trouvait en 1705, l’hostellerie de l’ Escu de France, tenue par Maistre Nicolas Morin et l’hostellerie du Cheval Blanc, tenue par Maistre Adrien Brouëtte ; de Général de Saint-Hilaire. Elle n’a pas oublié non plus les noms des écrivains qui ont fait de Ribemont leur pays d’adoption : Léon Hennique, Adrienne Cambry, ni ceux de ses généreux bienfaiteurs ou héroïques martyrs : Tiéfaine, Ségard, Lesur, Derôme, Paul Lefèvre, Suzanne Chazal, Paul Laurent.
Certains noms de rues évoquent le château et ses fortifications : la place du Château, la Poterne, la rue Tour à Chin, la rue des Fossés, la rue des Falaises.
D’autres font penser à la rivière qui coule au pied de la colline : la rue du Moulin, la Rue du Mont de l’Eau, la rue Bas-Ilot, ( tire son nom du fief et de la passerelle Bas-Ilot. La rue du Pont-Albord ; enfin la rue de l’ Abbaye d’Anselme, la place Saint-Germain, la rue des Vieux-Marchés, la rue Saint Ladre, La rue Saint Denis, la Rue Char y reste, le rue Romeret... rappellent bien des souvenirs du passé.
Sur le chemin départemental n°13, entre la rue Blondel et la rue du Général de Saint-Hilaire, la rue Condorcet est limitée au nord par la rue de l’ Abreuvoir et la rue des Falaises et au sud, par la rue de la Prison et la rue de la Gare. Elle remplace la Grand Rue de la Ville ( délibération du Conseil Municipal du 23 septembre 1880).
Les Ribemontois ont conservé l’ancienne dénomination. Ils "montent en ville" pour faire leur commissions, ils savent que "la fête de la ville" tombe le premier dimanche d’août.
La rue de la ville avait tout de même bonne allure avant 1914. Entre ses deux rangs de façades régulières, elle montait en pente douce jusqu’à l’ Hôtel de Ville.
La Rue Condorcet a subi de nombreuses transformations du fait des destructions occasionnées par la guerre de 1914-1918.

Rue des Flamands : Dès le XVIème siècle, dans toute la Picardie, s’étend la culture du lin. Des artisans venus des Flandres, région drapière par excellence, vont y introduire le tissage de la draperie.

Rue des Facons, à l’origine Rue des Façons : Au XVIIIème siècle, Jacques CROMMELINC installe à Saint-Quentin une manufacture qui va animer plus de 1800 mètiers à toile dans les villages des Vallées de la Somme, de l’ Oise et donc à Ribeont. Les façonniers étaient les ouvriers exécutants, à domicile, le tissage des toiles les plus communes aux étoffes les plus fines comme le linon ou la batiste.

Le Jardin Public (1907) ou le Jardin de la Liberté (2015). Inauguré le 17 octobre 1907, le jardin public a été dessiné dans le fossé du Château, profond d’une douzaine de mètres. Comblé peu à peu, les Ribemontois y faisaient leurs jardins. En 1926, il accueillait le premier Monument aux Morts, remplacé en 1953 par le monument actuel au flanc de la colline Bas-Ilot.
En cette année 2015, il portera administrativement le nom de jardin de la LIBERTE.

Les Maires

VIGNON Antoine, conseiller du Roi, Prévost royal : 1722, 1732 à 1735.
FORESTIER Jean, avocat : 1728
DEGRAIN Pierre, conseiller du Roi, Lieutenant criminel au Bailliage : 1731
BOUGIER Louis Guillaume, Lieutenant général au Bailliage : 1736
LECLERCQ Charles, Prévost Royal : 1739, 1758 à 1760.
FONTAINE Louis, Procureur du Roi : 1740
GRANDIN Pierre, Procureur du Roi : 1741, 1750
BOUGIER Joseph-Antoine, avocat : 1751 à 1753
VIGNON Charles-Antoine, ancien procureur : 1756, 1757
MACQUERET Pierre-Joseph : 1761
GRANDEUR, Procureur du Roi au bailliage, commissaire enquêteur, maire jusqu’en 1770.
DEQUIN Louis, Conseiller du Roi, Receveur des consignations ordinaires au Bailliage de Ribemont, Notaire royal : 1771
MACQUERET de MONTAVAL Jean-Louis François, Officier porte-table chez le Roi, maire héréditaire par édit du Roi en date de novembre 1771 Violette Charles-Adrien-Antoine, Avocat en parlement, conseiller du Roi, maire héréditaire : 1784 à 1795.
CAMBRONNE-CARRE et MOUSSU (l’abbé) ont été à la tête de l’administration municipale : 1795 à 1799.
DE JOMARON Marie-Pierre-Alexandre, ancien garde du corps, Chevalier de Saint-louis : 1800
VIOLETTE Louis-Quentin-François : 1802 à 1815 et de 1816 à 1821.
NIAY César Auguste-Alexandre-Joachim : 1815, 1822, 1823.
DE FAY, comte de Latour-Maubourg : 1821 à 1822
SEGARD Charles-Nicolas : 1824
CARLIER Jean-Louis : 28 décembre 1831
JOSEPH Louis Antoine : 28 Février 1835
TIEFAINE Louis-Artus : jusqu’en Janvier 1847
PRUVOST Zéphirin-Léon, Notaire : MArs 1852 à Avril 1854.
COQUENET Louis-Joseph : 1854 à 1860 et de 1861 à 1865
CARLIER Louis César : du 1er avril au mois d’août 1861.
DROY Paul-Frédéric : 4 mars 1865
LESUR-BAUCHART Ernest : 1870-1874
TIEFAINE Léon : 1874-1902
LFEVRE Paul : 1902-1917
DROY-THERY Paul : 1917 - 1919
MAILLIARD Raphaël : 1919 - 1922
RICHARD Emile : 1922 - 1944
DUPUIS Louis : 1944 -1945 (délégation spéciale)
ROCHE Paul : 1945 - 1965
BAILLY Henri : 1965 - 1977
BROYART Jacqueline : 1977 - 1989
POTELET Michel : depuis 1989

Documents joints


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